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EXPOSITIONS

Michèle Métail


64 photographies du ciel et de la terre - 64 Poèmes du ciel et de la terre


du vendredi 22 octobre au samedi 27 novembre 2004

Une expostion de
Michèle Métail

Suspension / (des graines) / où elles étaient enfermées / jeter, répandre / d’impact / pour livrer passage



Dans la continuité de son ouvrage, “64 POEMES DU CIEL & DE LA TERRE : les métriques paysagères” (Tarabuste, 2000) Michèle Métail présente au cipM l’exposition “64 photographies du ciel et de la terre / 64 poèmes du ciel et de la terre”.

“Par son titre et sa conception, l'ouvrage relie la campagne berrichonne et la sagesse de l'Orient: 64 – le chiffre des hexagrammes du Yi-King – réfère dans cette cosmologie à l'infini mû par la combinatoire sériant les éléments Ying-Yang. Le Livre des Mutations dit l'avènement de l'unique surgi de l'un-multiple, le même et l'autre, l'engendrement des cycles qui se différencient, se mêlent, s'altèrent, se succèdent, toujours circonstanciés.”

Extrait d’un article de Martine Monteau, paru dans la revue Europe




AU SUJET DU CADRAGE

« L'idée du cadrage m'intéresse depuis plusieurs années, bien au-delà de son seul rapport à l'image puisque je l'applique aussi à l'écriture poétique. Je l'associe au prélévement, au calibrage, à l'échantillonage qui sont des techniques scientifiques caractéristiques de notre époque : prélévement biologique en vue d'analyse, carotte du géologue afin de déterminer les composantes du sol et sous-sol, sondage d'opinion à partir d'un échantillon représentatif de la population.
Le coup d'œil dans le rétroviseur qui isole une portion de la route, la fenêtre ouverte sur la rue, la porte que l'on pousse lorsqu'on entre pour la première fois dans un bâtiment, le face à face de deux miroirs qui multiplient à l'infini les objets placés dans leur champ, les reflets dans une vitrine, sont autant d'effets de cadrage Dans tous les cas des contours sont imposés, un fragment est mis en place et donc en valeur.

On retrouve ces exigences dans l'art des jardins en Chine et au Japon. L'enclos est délimité par un mur d'enceinte, à l'intérieur duquel s'organisent des parcours ponctués de "points de vue" : la terrasse qui donne sur un étang ou un bassin, la fenêtre à treillis par laquelle on aperçoit un cerisier en fleurs, le shoji qu'on entrouve afin de contempler l'arrangement de pierres d'un jardin sec, dans lequel il n'est jamais prévu de pénétrer. En fréquentant assidûment les jardins de Kyoto, de Suzhou dans lesquels on ne se sent jamais enfermé, j'ai appris à regarder d'une autre manière.

L'étendue de notre champ visuel est limitée, l'horizon n'est jamais qu'un fragment, mais ce fragment peut suggérer l'infini. Une simple parcelle du bocage berrichon vaut pour tous les paysages à venir.
Le cadrage renforce l'acuité visuelle, il exacerbe la réalité et c'est ainsi qu'il permet l'échappée. »

Michèle Métail




voir aussi :
Michèle Métail
64 poèmes du ciel et de la terre - 64 photographies du ciel et de la terre (Manifestations)



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