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Jean-Patrice Courtois


La nature n'est plus dans la nature


le samedi 28 septembre 2019, à 12h00

Avec :
Jean-Patrice Courtois

© C. Plante



Jean-Patrice Courtois
La nature n'est plus dans la nature
Lecture / Conference

Le samedi 28 septembre à 12h, cipm

Dans le cadre du festival Allez savoir
en coproduction avec l'EHESS



La nature n’a plus d’évidence et, en conséquence, elle existe et n’existe pas : elle est ou n’est pas selon le point de vue construit. En tous les cas, elle n’est perceptible qu’à travers des pratiques scientifiques, des discours, des pratiques artistiques, des points de vue eux-mêmes traversés de chimie et de pratiques industrielles et sociales. Elle est une somme de conséquences actuelles et un ensemble de corrélations potentielles. Il n’y a pas de distinction entre les choses matérielles et les artefacts immatériels car tout est matériel. Les arts et l’art du langage appelé « poésie » sont ici pour rendre compte de cette matérialité. Les Théorèmes de la nature (Nous, 2017) travaillent à partir de répertoires constitués depuis la presse quotidienne. Les documents sont donc transformés après avoir été extraits. Et c’est pourquoi on a affaire à des discours et des images qui sont eux-mêmes des documents de documents. Deux autres livres seront évoqués, d’arbre et d’œil (Prétexte, 2002) et Mélodie et jugement (avec Cyrano de Bergerac, Editions 1 :1, 2013). Trois anthropologies gouvernent ces trois livres de la « nature » qui font trois pratiques distinctes. Dans l’ordre chronologique : anthropologie de la perception (d’arbre et d’œil), de l’histoire (la réponse à un livre ancien, les Lettres de Cyrano de Bergerac) et la traversée des documents (les Théorèmes et leurs « répertoires »).

Mon intervention fera plusieurs choses alternativement : lire les poèmes, lire des fragments théoriques à leur propos et expliquer en parlant et dessinant comment se font les livres. C’est-à-dire comment les livres de l’art verbal poétique ne sont pas là pour répondre à la question d’un en finir avec la nature mais pour répondre de l’entrelacement infini des choses et des discours qui constitue la plus sûre apparence de ce qui s’offre à notre attention et à notre perception sous le nom de nature. Le terrain propre de la poésie est d’exposer en vue de modifier les perceptions. Ainsi les Théorèmes peuvent-ils être rapprochés de Lucrèce et de son De rerum natura, mais certainement pas superposés, car la relation entre philosophie et poésie n’y est pas du tout la même. Les moyens sont pour moi : le document, l’extraction et la transformation, le phrasé, le son et l’exposition comme mode de composition. On reconnaît quelque chose du monde mais il ne ressemble pas.






Théorèmes de la nature, Nous, 2017.




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