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rencontre avec le résident du cipM

Rencontre avec Claudia Rudolph


le samedi 12 septembre 1998, à 16h00

Lecture bilingue avec
Claudia Rudolph



Claudia Rudolph, en résidence au cipM, à l'automne 1998.



Extrait :

PLAGE DU SUD
(les bites d’amarrage sont rouillées.) Quand est-ce que nous nous revoyons ? Maintenant ! Et ensuite ? À nouveau maintenant.(exil. d’antan. nous tournons un film.) Tu sens si bon. Demain, je vais à Moscou. Si loin. Mais ta senteur, je l’emporte avec moi. (nous choisissons la vue sur bandol. le changement est simple. le logiciel est docile et insonorisé.) Alors, je veux te voir cette nuit. Je prends la route demain matin. Cette nuit au quai du port. Tu dois venir. Nous nous ferons une fête clandestine. Pour Moscou. (les casiers d’habitation disparaissent de l’image. les arbres s’enracinent vite dans les espaces inoccupés.) Viens, laisse-nous danser. Et la musique ? Elle est dans nos têtes. (et ce qui se passe. dans ce film.) À Moscou, il fait froid. Nous pourrons nager ! Tu dois encore nager une fois avant que tu partes. Pourquoi tu ne m’embrasses pas ? Je n’ai jamais embrassé une femme. Pourquoi ? Ta peau est si douce. À Moscou, il fait froid. (exil. et une histoire d’amour.)Nous pouvons nous déshabiller. Pour une baignade. Chacun son tour. Jusqu’à ce que nous soyons nus. Alors, nous sauterons très vite dans l’eau. Aujourd’hui, tu ne dois pas dire non, puisque tu pars. À Moscou. Nous n’avons pas de serviettes. Je ne dois pas m’enrhumer. Je te donne ma robe. (j’écrirai une histoire d’amour. deux, qui se rencontrent. et se perdent. comme c’est stupide. comme c’est beau.) Ma musique sera conçue pour le peuple. À vrai dire donc pour tous. Pas pour tous. Rien que pour le peuple. (nous pouvons demander à l’écrivain public de nous raconter des histoires et contempler des photos.) À toi maintenant. Pourquoi moi ? Pourquoi ne commences-tu ? Alors le jeu ne peut pas s’amorcer. Ta chemise… ma robe… tes chaussures… mes chaussures… ton pantalon… ma culotte… ton caleçon… mon soutien-gorge… tes chaussettes. Et que fait-on avec ton écharpe ? Elle ne fait pas partie du jeu. Elle gît depuis longtemps déjà sur le sol.(les films coûtent beaucoup d’argent. Quelle histoire d’amour cela doit-il devenir. je n’ai aucune idée. et toi.) À Moscou, il fait froid. Je te donne mon écharpe. Elle sent bon, ton écharpe.

(château de sable)




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