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RéSIDENCES

Cécile Mainardi

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en 2007

le cipM a accueilli en résidence du 1er avril au 30 juin l'auteure :
Cécile Mainardi



Cécile Mainardi est née dans la région parisienne où elle a passé son enfance et son adolescence, un oeil néanmoins toujours tournée vers le sud, l’horizon italien... Après de brèves années d’enseignement dans la région de Nice, un livre chez Jean-Michel Rabaté et François Dominique l’emmène à Rome à la Villa Médicis, elle y passe six années. De retour en France, elle se réinstalle dans le sud, où sa fréquentation des artistes modèle sans nul doute son inventivité et son rapport à l’écriture. Hésitant toujours entre trouver/révéler/générer de la poésie dans sa propre vie, et susciter de la vie dans sa poésie, elle recharge ou crispe/aère chacune tour à tour de cette hésitation. La voilà à Marseille.


Extrait :

je vous prononce n’importe
quel mot
pour savoir s’il est prononçable
(à vrai dire presque seulement
pour ça/cette évidence que
personne ne pense jamais à
vérifier, des fois qu’un jour le
phénomène cesserait)
et je me fais disparaître avec
lui
c’est à ça que je passe mon
temps/à rien d’autre qu’à
disparaître en même temps
que je prononce les mots
« disparaître »
« apparaître »
« enfiler la combinaison fluotactiles »
au moment qu’il y a à être
embrassée
(puisque embrasser suppose l
nécessité du moment
pas l’inverse, pas le moment la
nécessité du baiser)
dans le noir torrentiel
torrent/dans le courant noir
produit
to be kissed to be dead to be
burned
je tiens des rôles de
décomposition
et vous parle (en dernière
analyse de derrière la barrière
de corail
ça me fait la voix hyperchangeante
hyper-instable
hyper-inutile
et qui rutile dans vos oreilles
(comme si vous l’écoutiez les
yeux plongés dans un liquide
dont on filme le scintillement
au super-zoom
-pastilles éthérées-diluviennes,
surplace-)
et le corps avec des jambes de
sirènes
(évidemment que vous ne le
croyez pas
quand on embrasse au
moment de la décision
ça n’est pas plus l’un que
l’autre
qui décide quoi que ce soit à la
voix qu’il va ne plus avoir/c’est
encore une voix, la preuve on
en a déterré la statuette
je suis une grande actrice
dès que je lâche l’idée,
l’image des radiateurs tombe

(Extrait de : Je suis une grande Actriste, L’Attente, 2006)




voir aussi :
Marché de la poésie 2012 & Périphériques (Manifestations)
Cécile Mainardi (Manifestations)


lire aussi :
Poemz
157


écouter :
L'eau super-liquide