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Joerg Ortner - La science du négatif


le vendredi 6 juillet 2012, à 18h30

Vernissage de l'exposition consacrée à
Joerg Ortner

suivi d'interventions et de lectures de
Jean Daive, François Barbâtre, Emmanuel Ortner, Gilles Deves

et de la projection du film Eine Fuge (agressive Melancholie, gegen eine Stadt) réalisé par
Joerg Ortner



Extraits :

[…]
Il a vécu la vie, il a vécu la pensée, il a vécu l’art à la pointe d’un désastre. Il a vécu le livre, il a vécu la fresque, il a vécu le temps à la pointe d’un désastre. Avec la logique inapaisée d’une colère, sinon d’une rage qui ne le rendaient pas capable de voir en clair dans sa complexité le gouvernement des mots et des choses. Devant cet état de fait, la question se faisait de plus en plus pressante jusqu’à la fin : le négatif, comment montrer les caractères de son sens ?

L’Ami est mort, le 29 janvier 2011 en Bretagne, à Vannes, rencontré 41 ans plus tôt à Paris, place des Vosges, en mai 1970 à la suite d’un rendez-vous prié et pris par Gisèle Celan-Lestrange. Je devais répondre à une question : « Que veut dire « énoncé » qui se trouve dans Décimale blanche ? » le seul mot laissé non traduit par Paul Celan dans sa traduction achevée de mon premier livre.
[…]

extrait de Joerg Ortner – il faut laver le cœur de Rimbaud par Jean Daive, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 213, juillet 2012



[…]
Son oeuvre, c’était une autre histoire. Je ne sais pas comment il avait pu acquérir une telle maîtrise technique. Tout ce qu’il faisait était extrêmement bien ficelé. Il avait trouvé sa sauce personnelle. C’était unique. Et un sens de la métaphore sans pareil. Pas un détail, chez lui, n’était anodin. Je n’ai jamais parlé de son travail avec lui. Ça nous aurait emmené trop loin. Il aurait fallu y consacrer dix-huit heures par jour, jour après jour. Pour vous donner un exemple, après une autre rencontre aux Pastels Roché, nous sommes rentrés une nouvelle fois à pied jusqu’à chez moi, c’est-à-dire de la rue Rambuteau à la porte Didot, en nous arrêtant, inutile de le préciser, dans tous les bistrots. Il avait entrepris, tout au long du trajet, de me faire cette fois-là un cours sur Spinoza. À un moment, arrivés à la porte Didot, n’en pouvant plus, je lui ai dit : « Attends, Joerg, est-ce qu’on parle du même Spinoza ? Celui que j’ai connu avait un Delicatessen, rue des Rozier. Il est ensuite parti pour New York ouvrir une pizzeria... » « On ne peut pas parler avec toi, m’a-t-il seulement répondu, tu ris toujours de tout... »
[…]

extrait de Témoignage, par Sam Szafran, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 213, juillet 2012



Le film :

Ein Fuge (agressive Melancolie, gegen eine Stadt), 35mm, 17’
Une fugue, Agressivité mélancolique dans une ville.

"Ce film de Joerg Ortner n'est pas seulement la traversée d'une ville (Vienne) mais une dérive, au sens situationniste du terme, dans Vienne rendue sous la forme du négatif, par une réinvention des valeurs."

Présentation par Jean Daive.





voir aussi :
Joerg Ortner (Expositions)


lire aussi :
213 (Joerg Ortner)