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Emmanuel Hocquard

Comme un orage

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cipM, décembre 2016




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Chaque titre de cette collection comporte 150 exemplaires numérotés de 1 à 150 mis dans le commerce.
Format : 124 * 250 – 14 planches & deux cahiers de huit pages.


À propos de Comme un orage :



RE-LIRE

Quand deux pôles se rapprochent, une étincelle jaillit.
Wittgenstein



1970 - 2016

Quarante-six ans après que j’ai réalisé le livre, je redécouvre Comme un orage, que j’avais pour ainsi dire oublié. Le texte lui-même n’est ni pire ni meilleur que bien des poèmes qui s’écrivaient encore au tout début des années soixante-dix. Les influences en sont aisément identifiables. C’est donc avec une certaine appréhension que je l’ai relu, me demandant si Emmanuel Ponsart avait raison d’en reprendre la publication. Encore que « publication » soit un bien grand mot. J’étais encore à Nice. J’avais fabriqué l’original à la main (j’y reviendrai), en un seul exemplaire. Bref, je l’ai relu, mais sans être aussi catastrophé que je le craignais. Les textes, comme le passé, bougent incessamment avec les lectures qu’on en fait. Le même texte contient d’autres textes. C’est-à-dire d’autres lectures, parfois longtemps après, tout à fait imprévisibles au moment de l’écriture.

Comme un orage (le texte du poème) est composé de onze distiques, commençant tous par le mot Elle suivi de est, à l’exception du premier vers (Elle n’a pas de nom) et du dernier (Elle a tous les noms de l’absence). Autre mot récurrent: comme, à quatre reprises, sans compter le titre. Ces mots constituent le squelette du poème. Sur ce squelette, une succession d’images poétiques plus ou moins convenues, comparaisons et métaphores, viennent se greffer. Le tout forme une sorte de ritournelle sans commencement ni fin.

Je me souviens que la première fois que j’ai entendu Paul-Louis Rossi lire à haute voix, j’ai été intrigué par sa lecture; une lecture bien articulée et totalement inexpressive. Il m’expliqua par la suite qu’il ne lisait pas le sens mais les mots du texte, les uns après les autres, sans chercher à les relier entre eux. Il ne marquait de pause qu’à la fin des vers. Cela donnait une lecture étrange, comme dégrammaticalisée. Cela me rappelle l’époque d’Orange Export Ltd., (la maison d’édition que j’allais fonder avec Raquel), où je composais à la main, caractère par caractère (monotypie), les textes des livres que, par la suite, j’imprimais à la main. Quand on compose à la main, outre le fait qu’on dispose les caractères la tête en bas et de droite à gauche dans le composteur, on ne s’occupe guère du sens du texte, mais de la succession des lettres, des mots et des espaces qui les séparent. Un jour que j’imprimais, pour la collection « CHUTES », un livre de Jacques Roubaud, parvenu à la composition de la couverture et à sa lecture sur épreuve, je vis bien que quelque chose n’allait pas. Je relus une vingtaine de fois mon épreuve, sans rien y trouver de particulier. Je tirai donc la totalité des couvertures, en deux couleurs (noir et rouge pour le titre). Ce n’est qu’une fois ce travail terminé que je réalisai que j’avais oublié la lettre c au prénom de Jacques, sans m’en rendre compte. (Le sens !) Je fis la correction et je réimprimai toutes les couvertures.

Ici, de même que Elle (palindrome monosyllabique) ne renvoie pas à une personne et n’est donc pas un pronom personnel, comme (monosyllabe) introduit moins des comparaisons que des disjonctions.

C’est l’éclair. L’éclair qui fend le vers et illumine par instants le paysage de mots qui précèdent et qui suivent.

À la main. Comme un orage est antérieur à Orange Export Ltd. Lorsque j’ai décidé d’en faire un livre, je n’avais encore aucun matériel typographique à ma disposition. J’ai distribué, à raison d’un distique par page, les onze distiques sur onze pages recto, « imprimées » à la main, lettre par lettre, au moyen de lettres-transfert.

Les photographies. Là encore, tout s’est fait manuellement, du développement du film aux tirages papier, dans des conditions rudimentaires, sur un méchant agrandisseur. Je ne sais plus si l’écriture du poème a précédé les photographies ou l’inverse. Cela n’a d’ailleurs pas d’importance. Ce qui comptait, c’était la rencontre sur les pages. Associations empiriques, subjectives, du texte et des photographies. À distance, ni trop proche, ni trop éloignée. À la bonne distance. Ça marche ou ça ne marche pas. Et même si ça marche pour moi, ça ne marche pas forcément pour quelqu’un d’autre. C’est le risque de toute proposition « poétique ».

Avec le recul, je me rends compte – ce que je ne pouvais pas prévoir – que Comme un orage s’est trouvé être le prototype des livres d’Orange Export Ltd. De leur mode de fabrication manuelle et de leur lecture. Après tout, Emmanuel Ponsart n’a peut-être pas tort de republier ce livre, ne serait-ce que comme témoignage affectif et trace archéologique.



E. H.








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(50.00 € TTC)




 

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