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Pierre Guyotat

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Pierre Guyotat



L'œuvre de Pierre Guyotat a fait l'objet du dossier de CCP 1




Bientôt :

Du 14 au 26 juin 2010
En vie [titre provisoire]
Chemin dans la langue de Pierre Guyotat
Spectacle d'après les textes de Pierre Guyotat
Mise en scène : Sébastien Derrey
Compagnie Migratori K Merado
L'Échangeur - Bagnolet
En savoir plus



Né en 1940 à Bourg-Argental (Haut Vivarais), d’un père médecin de montagne et d’une mère née à Czeladz (Pologne) ; famille très engagée dans la Résistance et dans la France Libre.
Dès 1949, études dans des internats catholiques. Activité de dessin et de peinture sur le motif ; automne 1954, commence à écrire. Peu après la mort de sa mère (1958), il quitte sa famille pour Paris. Il y écrit Sur un cheval (1960).
Appelé en Algérie (1960), il est, au printemps 1962, arrêté par la Sécurité militaire, questionné dix jours d’affilée à Tizi Ouzou (Grande Kabylie), inculpé d’atteinte au moral de l’Armée, de complicité de désertion et de possession de publications interdites, gardé au cachot, au secret, trois mois, puis, sans procès, muté dans une unité disciplinaire de la vallée du Chélif (Ouest Algérien).
De retour à Paris, activité journalistique notamment à France Observateur puis au Nouvel Observateur. Il termine Ashby (1964) et, en décembre 1965, Tombeau pour cinq cent mille soldats.
Juillet 1967 : invitation officielle à Cuba dans une délégation d’écrivains et d’artistes conduite par Michel Leiris.
Octobre 1967 : parution de Tombeau pour cinq cent mille soldats. Le livre échappe de peu à la censure : mais le général Massu l’interdit dans toutes les casernes françaises d’Allemagne. Déjà connu et reconnu sur manuscrit, le livre rend son auteur immédiatement célèbre.
Michel Leiris écrira : « J’ai dit avoir apporté Tombeau pour cinq cent mille soldats à Picasso, tenant absolument à ce qu’il en prenne connaissance. Cela ne me serait pas venu à l’esprit si je n’avais considéré que ce livre présente un intérêt littéraire assez grand pour qu’un homme engagé aussi constamment dans son travail que l’est Picasso passe quelques heures à le lire».
Jean Paulhan déclare : « Monsieur Guyotat n’est pas sans génie. C’est un génie quelque peu brutal et systématique, mais qui mérite d’être encouragé ».
Dans Le Nouvel Observateur, l’écrivain et sociologue Jean Duvignaud se fait l’interprète de beaucoup en écrivant : « Voici un livre qui a déjà été discuté avec passion avant même d’avoir été publié [...] il s’agit d’un poème épique en prose, d’un pamphlet lyrique, d’un de ces ouvrages « incasables » qui ne ressemblent à aucun mais bouleversent la littérature... » ; « [...] on rencontre rarement chez un écrivain de vingt-cinq ans une aussi grande maîtrise dans le déchaînement de la violence et le contrôle des cauchemars – sauf chez Miller ou chez Lawrence. » ; « [...] il y faut le talent (disons le talent par pudeur) pour contrôler cette fantastique hystérie de la violence et du désir [...] » ; « [...] les jeux de la sophistique critique sont réduits à néant quand paraît une œuvre comme le Tombeau. »
1967-1968 : nouveau voyage dans le Sahara jusqu’au Niger. Rapprochement de Tel Quel.
Mai 1968 : arrêté à deux reprises. Après le discours du Général de Gaulle désignant et menaçant le P.C.F., il adhère à ce parti, qu’il quittera en 1971.
De l’été 1968 au printemps 1969, rédaction d’Éden, Éden, Éden.
Octobre 1970 : parution d’Éden, Éden, Éden avec trois préfaces de Michel Leiris, Roland Barthes et Philippe Sollers.
Un mois après sa parution, le livre est, par arrêté du Ministre de l’Intérieur signé du Directeur de la Police Nationale, frappé d’une triple interdiction : affichage, publicité, mineurs. Une pétition internationale à l’initiative de Jérôme Lindon, directeur des Éditions de Minuit, est signée notamment par Pier Paolo Pasolini, Jean-Paul Sartre, Pierre Boulez, Joseph Beuys, Pierre Dac, Jean Genet, Joseph Kessel, Maurice Blanchot, Max Ernst, Italo Calvino, Jacques Monod, Simone de Beauvoir, Nathalie Sarraute ; une question orale de François Mitterrand à l’Assemblée Nationale, une intervention écrite du pré-
sident Pompidou auprès de son ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, restent sans effet.
Claude Simon (prix Nobel 1985) démissionne du jury du prix Médicis, qui, à une voix près, n’a pas couronné Éden, Éden, Éden.
Maurice Blanchot évoquera dans L’Amitié : « [...] l’interdiction qui a frappé Éden, Éden, Éden de Pierre Guyotat, livre non pas scandaleux, mais seulement trop fort. »
Le livre suscite de très vives polémiques dans la presse française, européenne et américaine : les avant-gardes, qui le soutiennent, seront très influencées par ce livre dont Michel Foucault déclare dans une interview au Japon : « Guyotat a écrit un livre dans une langue d’une totale nouveauté. Je n’ai jamais lu quelque chose de semblable dans aucune littérature. Personne n’a jamais parlé comme il parle ici. »
Littérature interdite (1972) explique le mouvement artistique et humain de ce livre et présente un dossier de son interdiction.
Mort, en 1971, de son père. Passage de l’écriture à la langue.
1972 : lit, au colloque « Artaud-Bataille » de Cerisy, Langage du corps. Éloignement de Tel Quel.
Création, en 1973, de Bond en avant (théâtre), aux Rencontres internationales de Musique Contemporaine de La Rochelle, avec six acteurs dont Christian Rist et Marcel Bozonnet, puis à deux, Alain Ollivier et François Kuki, à La Cartoucherie de Vincennes.
1975 : assassinat, à Marseille, à sa sortie de prison, de Mohamed Laïd Moussa – instituteur Algérien rencontré au Sahara et devenu ouvrier à Fos-sur-Mer –, inculpé d’homicide volontaire : grande activité – avocats, responsables politiques, presse, etc. – de l’auteur pour la défense puis la mémoire de cet ami : « ...Il ira même lui qui commence à vivre alors un des moments les plus difficiles de sa vie et dont l’œuvre provoque le scandale que l’on sait, jusqu’à se présenter devant le tribunal qui juge Laïd Moussa, comme « témoin de moralité ». Ce qui lui vaudra d’être calomnié et injurié plusieurs semaines de suite par l’hebdomadaire Minute... » (Jacques Henric, préface de Vivre).
Nombreux engagements (auprès des comités de soldats et du mouvement des prostituées de Lyon, etc.)
1975 : parution de Prostitution.
Printemps 1977 : hospitalisation dans la maison de santé du Docteur Brisset à Ville d’Avray.
De 1977 à 1979 : composition de Le Livre.
De 1979 à 1981 : composition de Histoires de Samora Machel (inédit).
Le 9 décembre 1981, après plusieurs mois de lutte contre la dégradation de son corps, il est, à l’agonie, transporté en Réanimation à l’hôpital Broussais. Le même jour Antoine Vitez crée pour la rénovation du Théâtre national de Chaillot, son adaptation de Tombeau pour cinq cent mille soldats. Le 30 du même mois, l’interdiction d’Éden, Éden, Éden est levée.
Entrée dans le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse de 1983 :
« ...Animaux, pieds-bots, soldats, bergers, femmes, garçons, < maîtres de foutrée > se suivent sans fin, écœurant répons à la puanteur du monde, dans une œuvre à côté de laquelle celle de Sade est toute majesté et préméditation... »
Octobre 1984 : parution de Le Livre et de Vivre (recueil de textes, d’interventions, 1972-1983).
1984-1986 : Série de lectures-performances de son œuvre récente ou inédite, en Europe et en Amérique du Nord.
1986 : commande d’un texte et de sa réalisation scénique – avec l’aide d’Alain Ollivier – par Michel Guy pour le Festival d’Automne à Paris : Bivouac est créé en décembre 1987 au Théâtre de la Bastille.
1987 : réédition de Prostitution augmentée d’un Appendice (glossaire, « grammaire », etc.).
1988 : le peintre américain Sam Francis l’invite à Los Angeles pour travailler à une œuvre commune : Wanted Female, qui sera publiée en tirage limité en 1993.
1989 : composition d’une deuxième version de Bivouac ; réanimation à l’hôpital Saint-Antoine. Film de Ludwig Trovato : « Pierre Guyotat : 52 minutes dans la langue », diffusé dans « Océaniques » (FR3/La Sept). Improvisations publiques, pour le Festival d’Automne à Paris : l’auteur, seul sur scène, improvise chaque soir des fictions en langue normative.
1990 : à l’initiative du Président François Mitterrand – « pour renouer avec une tradition ancienne et honorer les personnalités de ses deux septennats » –, commande est faite d’un portrait de l’auteur au peintre Bernard Dufour : ces portraits de « personnalités du monde des arts, des lettres et des sciences » devront être accrochés dans le grand hall de la Bibliothèque Nationale de France.
1989-1991 : Chant des jumeaux (inédit).
1992 : Nouvelles Improvisations publiques au Festival d’Automne à Paris.
1995 : une exposition de manuscrits et documents de l’auteur est organisée à Londres, à l’occasion de la parution d’une traduction anglaise de den, Éden, Éden.
1991-1996 : rédaction de Progénitures.
Hiver 1996 - Printemps 1997 : rédaction et répétition scénique d’un texte, Issê Timossé, pour un spectacle chorégraphique de Bernardo Montet créé à Angers fin mai 1997 et repris Cour Jacques Cœur (en plein air), au festival international Montpellier/Danse en juin 1997 puis en novembre dans la Grande Salle du Théâtre de la Ville à Paris devant un public agité, et à Rennes. L’auteur, présent sur scène, interprète, au milieu des danseurs, le texte qui les met en mouvement.
1998-99 : mise au point finale de Progénitures (première et deuxième partie).
Juin 1999 : tournage, à l’initiative de Léo Scheer, par Jacques Kébadian, d’un film d’entretiens de Pierre Guyotat avec Marianne Alphant.
Décembre 1999 - février 2000 : rédaction d’Explications tiré d’une partie de ces entretiens.
5 janvier 2000 : pour la réouverture du Centre Georges Pompidou à Paris, lecture par l’auteur des premières pages de Progénitures. L’enregistrement radiophonique de cette lecture sera repris dans le CD contenu dans le volume de Progénitures (première et deuxième partie) publié fin mars en même temps qu’Explications. Des extraits de cet enregistrement seront choisis par Jean-Luc Godard pour son court-métrage De l’origine du XXIème siècle projeté en ouverture du Festival de Cannes 2000.
Pierre Guyotat travaille actuellement à la mise au point de la troisième partie de Progénitures.

L’auteur a déposé en 1992 une partie de ses archives à l’Imec (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) ; la totalité actuelle de ses Carnets de bord (notes datées depuis l’année 1966) s’y trouve aussi.
L’œuvre de Pierre Guyotat est traduite en japonais, anglais, espagnol, allemand, italien, néerlandais, etc. et fait l’objet de nombreuses thèses tant en France qu’à l’étranger.

Littérature interdite, Vivre, Explications contiennent d’autres indications biographiques.


écouter :

Progénitures (extrait)

Bibliographie :
Sur un cheval, Le Seuil, collection « Écrire », 1961.
Ashby, Le Seuil, 1964.
Tombeau pour cinq cent mille soldats, Gallimard, 1967 (L’Imaginaire, 1980).
Éden, Éden, Éden, Gallimard, 1970 (L’Imaginaire, 1985).
Littérature interdite, Gallimard, 1972.
Bond en avant, Gallimard, 1973.
Prostitution, Gallimard, 1975 (Nouvelle édition augmentée d’un appendice, 1987).
Le Livre, Gallimard, 1984.
Vivre, Denoël, collection L’Infini, 1984.
Wanted female (en collaboration avec Sam Francis), Lapis Press (Los Angeles), 1995.
Progénitures, Gallimard, 2000.
Explications (entretiens avec Marianne Alphant), Léo Scheer, 2000.
Issê Timossé, dans Lignes n° 03, Éditions Léo Scheer, 2000.
Pierre Guyotat lectures, Farrago, 2001
Musiques, France Culture/ Éditions Léo Scheer, 2002.

En préparation :
Progénitures, troisième partie.
Histoires de Samora Mâchel.
Bivouac, théâtre.
Chant des jumeaux.

K7 :
Guyotat et cipM

CD :
Progénitures, Gallimard/ France culture, 2000

Le travail de Pierre Guyotat fait l'objet du dossier de CCP 1




a publié au cipM :
CCP 1

Cahiers du Refuge :
88

interventions au cipM :

Pierre Guyotat (Expositions)
Pierre Guyotat (Manifestations)

sur internet :

En vie [titre provisoire] - chemin dans la langue de Pierre Guyotat

 

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