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Une soirée exceptionnelle - Une exceptionnelle soirée


Emmanuel Hocquard
&
Claude Royet-Journoud


le vendredi 30 novembre 2007, à 19h00

Lecture au cipM
Emmanuel Hocquard, Claude Royet-Journoud



dans une coupe
en verre


Les propositions sont indépendantes Entre elles des relations s’établissent Alors les propositions s’enchaînent ou s’attirent ou se repoussent ou se font écho Le récit procède de ces rencontres Si elles viennent à faire défaut (apories) une histoire tourne court
Les mots sont les personnages de la fable grammaticale On ne peut que redire Quand on parle la langue on la récite On ne peut pas davantage l’entendre On n’entend que sa récitation Je me souviens des mots Je les reconnais Quand on dit le ciel est bleu la langue entière est contenue L’élégie n’est pas dans les mots de la plainte Elle est dans la répétition des mots de la langue Elle est cette répétition La langue tout entière est élégie
On ne parle jamais de soi Il n’y a jamais eu de sujet d’énonciation Il n’y a de sujet que grammatical Il n’y a pas de commencement Il n’y a pas de formulation première Il n’y a que recueillir Dans une coupe en verre Il n’existe pas non plus d’énoncé simple Tout énoncé est légion Même un mot isolé résonne C’est le Théâtre du langage La mise en scène du croire à Du faire croire que Rêver ou faire rêver qu’un premier énoncé est possible Un tel énoncé serait inouï et par conséquent inaudible Reste que c’est cet inaudible qui est secrètement recherché dans ce qui est dit ou entendu ou lu ou écrit L’unique surprise se trouve dans la répétition Répétition de la répétition Nous disions la littéralité La littéralité est éblouissante
Même si on ne comprend pas très bien ce qui s’est produit un décrochage a eu lieu Une différence d’intonation et de vitesse
L’intonation de la récitation est neutre Sa vitesse constante S’est mis en place un intervalle ou une espace de sortie Car il ne s’est jamais agi d’entrer En parlant ou écrivant ou lisant ou traduisant on cherche la sortie À s’en sortir
Écrire est cette ouverture

Emmanuel Hocquard (extrait de Conditions de lumière).



Cher Paul,
Au restaurant, j’ai écrit ces quelques phrases en me disant qu’elles te serviraient, indiqueraient du moins une direction…

En 1940, un an avant ma naissance, le linguiste danois Viggo Brøndal publiait un livre sous ce même titre. Presque invisible, la préposition hante la langue et plus particulièrement la langue de poésie. Elle l’aimante, la creuse, la bouleverse. Ici, je tente d’en saisir le récit et d’en retourner certains effets. Ce livre est d’abord un premier livre. Il en a, en quelque sorte, l’innocence et, oserai-je le dire, la perversité. Chacune des séquences de Théorie des prépositions est peut-être le miroir de cet enjeu. La fin fut repoussée à plusieurs reprises avant de pouvoir se reconnaître.

[…]

Claude Royet-Journoud (extrait de la lettre de présentation du livre Théorie des prépositions à l’éditeur P.O.L)




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