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URDLA - Poësimage


Vernissage, présentation, lectures


le vendredi 4 décembre 2009, à 18h30

Vernissage de l'exposition suivi d'une présentation d'URDLA par
Cyrille Noirjean

et lectures avec
Fabrice Pataut, Annie Salager



Extraits :

&
Le vide est-il un nouvel état de la matière ?
La matière dans le tissu de l’espace-temps
est-elle du vide ?
Oh!
j’ai le vertige
____________
&
Un poète certes n’est rien, a choisi de n’être rien, d’être rien, a choisi les commencements de mondes métissés qu’il veut inventer dans l’exil avec vous.

Tant et tant d’échecs sur sa tête et de billots où la poser qu’il respire la mort lancinante avec un soulagement discret. Il y aurait pourtant une floraison de réussites dans sa vie amoureuse, sa vie professionnelle, non, l’éternel(le) jeune poète ?
____________
&
Pendant les vacances d’été, devant tant de paix annoncée par la grande bleue, les primates mâles adorent jouer, leur agressivité fond en pâtés et en châteaux de sable. Sont bien, à leur vrai niveau mental. S’il se trouve que la beauté n’a pas d’âme, la mer est la beauté, lisse et frémissante, translucide, offerte, inatteignable. Ah, puissent-ils vivre tous au bord de l’eau ! Insensiblement ils auraient à choisir entre redevenir péniblement poissons ou se perfectionner comme mammifères. Pour l’heure, oncques en humains ne vraiment se muent, semble-t-il, d’après les journaux... Être très patients au bord de l’eau. Ils font joujou pour devenir de véritables sages, au cours de l’évolution.

Être très patients, donc, si vous êtes vigilants. Ils ne sont pas tous à jeter. On trouve vraiment de tout chez les primates. J’insiste.

N’ayant ni faim ni soif, tout primate sableux pour déclarer la paix feint l’auréole de silence. L’un nourrit ses petits de pétales de jade, l’autre achète un peu d’air à l’air, aujourd’hui c’est gratuit. Pâle soie dénouée, la nacre roule en soi le jade sourd, c’est la vie sous-marine, châteaux et forêts des poissons. Et la mer au-dessus à travers pur instant envoie des rires et sourires à sa verticale d’espace, invisible, inconnue d’elle autant que d’eux.

[...]

Anne Salager, extrait de Petites formes d'oisiveté chez les primates, in le ' ' ' Cahier du Refuge ' ' ' 185, décembre 2009



1.

Le lieu importe peu, disons le train de Salamanque.
Ici, autre part... C’est égal.
La personne que nous voulons fait tout.
Rigide et feutrée ; neutre, intacte, de la couleur du blé.
Naviguant au compas, encore elle s’est tue
Hier, devant le fait que les morts étaient nus.
La voici : les cheveux rassemblés, la nuque découverte,
Le dos droit, les doigts gourds.
Nous avons un devoir, soldats sur la banquette :
Retenir chaque mot, doux et pesé
Qu’elle dit pour notre bien.
Que les héros, aussi, s’attachent à son destin
Et tissent de leurs doigts en vue de ses vieux jours
Un bonnet, une écharpe à passer le matin.
Elle bouge peu, pourtant, mais n’est jamais trop lente.
C’est tout en apparence que la vapeur à chaque mot s’enfuit.
L’ancien port, le vent froid, le bruit : tout dit son innocence,
Et les vagues qui mouillent la route parallèle
Jusqu’aux rails d’acier empruntés par le train
Se gardent d’en rien toucher,
Préférant là aussi remplir le bon fossé
Comme autrefois l’ennui remplissait le chagrin.
Chacun de ses mots difficiles, enchâssé dans un autre
— Plus simple cependant, parfois même moins court —,
Recèle une anagramme, un dicton, un adage,
Quelque forme ou manière appuyée de discours,
Une parole éteinte au parfum de citron,
Qu’elle mâche sans trop de bruit de ses dents rectilignes
Pour offrir et reprendre, tant elle sait mal donner,

N’ayant jamais reçu, ni aux quais, ni en ville,
De mots qui mettent l’espoir au bout du nez,
Quand sans homme ou époux,
Ni parent, ou enfant, pas même dissipé,
Elle va.
Un coup devant, un coup sur le côté,
Errante et ballottée, selon l’humeur de la locomotive,
Le cahier de son fils sur ses genoux posé.

[...]

Fabrice Pataut, extrait de La dame assise, in le ' ' ' Cahier du Refuge ' ' ' 185, decembre 2009





voir aussi :
URDLA (Expositions)


lire aussi :
185

sur internet :
URDLA