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Pascal Quignard


Lycophron et Zétès


le vendredi 28 mai 2010, à 19h00

Entretien avec
Pascal Quignard, Alain Veinstein

Lecture :
Pascal Quignard



Présentation :

De la même façon que j’avais demandé à Louis-René des Forêts une lecture du Bavard, j’ai sollicité Pascal Quignard pour la première fois en vue de cette série de lectures de textes intégraux par leurs auteurs que j’avais mise en place à France Culture. Il me paraissait évident que son récit Le Lecteur, publié en 1976, devait y figurer. C’est deux ans plus tard, en 1978, donc au tout début de Nuits magnétiques. Pascal Quignard n’était connu que pour ses participations à L’Éphémère, où l’avait introduit, justement, Louis-René des Forêts, et ses tout premiers livres, L’Être du balbutiement : essai sur Sacher-Masoch, La Parole de la Délie : essai sur Maurice Scève, sa traduction d’Alexandra de Lycophron et, bien entendu, Le Lecteur. Je m’étais lié d’amitié avec lui. Quiconque le lisait ne pouvait pas ne pas souhaiter devenir son ami.
[...]

Alain Veinstein, extrait de Radio sauvage, Le Seuil, 2010



[...]
À vrai dire je n’ai jamais composé, de toute ma vie, qu’un poème, noté en latin, intitulé Inter aerias fagos, où je cryptais l’Avent de ce monde et où j’évoquais l’origine de la langue dont j’usais la mêlant à ma souffrance. C’est pourquoi je crus devoir prendre un pseudonyme quand il s’est agi de publier ces poèmes dérivés du grec qui n’étaient pas vraiment de moi mais plutôt des membres fantômes arrachés à l’ombre de Lycophron. Ces voix résonnèrent, re-sonnèrent en moi de 1972 à 1979. Je pris le pseudonyme de Zétès qui veut dire en grec celui qui cherche. Seul Roger Caillois me reconnut sous le pseudonyme de Zétès. Et pourquoi devais-je prendre un masque ? Masque se dit en latin persona. Per-sonare. Sonner au travers. Des voix hallucinées règnent en nous sans que ceux qui les prononcent les devinent. Cela revint en partie encore sur un lit d’hôpital, à Saint-Antoine, en 1997. Ce fut la même confiance. Ce fut la même précipitation vocale qui ne franchissait pas les lèvres mais qui guidait impétueusement la main et qui aboutit à lever dans le Châtelet intérieur un Dernier royaume dont je n’avais rien perçu jusque-là au fond de moi.
[...]

Pascal Quignard, extrait de Lycophron et Zétès, in ' ' ' le Cahier du Refuge ' ' ' 190, mai 2010








lire aussi :
190 (Pascal Quignard)


écouter :
Alexandra [Lycophron] (extrait)
Sur l'audition imaginaire (extrait)