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CAHIER CRITIQUE DE POÈSIE

EXPOSITIONS

Logogrammes


du vendredi 10 septembre au samedi 9 octobre 1999

Vernissage le vendredi 10 septembre 1999 à 18 h 30 suivi d'une discussion sur Christian Dotremont et de la présentation de ses œuvres poétiques complètes (Mercure de France) avec :
Pierre Alechinsky, Yves Di Manno, Paul-Louis Rossi, Michel Sicard


Christian Dotremont



L'exposition des logogrammes de Christian Dotremont a été précédemment installée à la salle des écritures à Figeac du 6 juin au 29 août 1999, et a fait l'objet d'un catalogue : Christian Dotremont, Logogrammes.

Remerciements

Pierre et Micky Alechinsky, Jean-Paul Coussy, Guy Dotremont, Yves di Manno, Paul Louis Rossi, Michel Sicard.


D'une seule venue

Tout au long de sa vie qui s'acheva en 1979, Dotremont a tenu un fil où depuis ses premiers et si subtils dialogues introspectifs de Ancienne éternité, La Reine des murs, via les poèmes à tmèses ou permutations fragmentaires (Ltation exa tumulte) jusqu'à l'ultime Logbookletter composé en Irlande, passe une même émotion, mais fouillée, travaillée par les techniques de l'écrivain. Poèmes d'amour (Les grandes choses), poèmes à jeux de langage (Belle Isa), poèmes où les mots « grands ouverts » multiplient leurs allitérations, se lovent dans la musicalité. Gloria (sa « danoiselle », souvent destinataire des poèmes) et des mots simples et beaux, valise, faim, foin, se renouvellent par bouturages, glissements des syllabes, ruptures. (...)
Avec les logogrammes, Dotremont réussit ce tour de force poétique : créer ses poèmes en même temps que, jusqu' aux confins du lisible, en inventer le tracé. Mais il ne peut comme un peintre s'arrêter en chemin, ajouter, élaguer, obligé qu'il est de dérouler d'une seule venue la phrase d'encre. C'est ce souffle, intelligence dans le geste sans repentir, qui le meut. Traces inimitables, dont nous lirons la transcription. Agiles à courir la langue, elles sont la matière même de textes fulgurants d'idées, longs récits de journées souvent ordinaires, calembours créateurs, carambolages de mots, que le poète explore, en peintre de l'écriture.
Les voyages en Laponie — sa papeterie de neige — lui ont ouvert une page blanche démesurément agrandie, un paysage, en même temps qu'une nouvelle méditation sur l'écriture. Dans cette étendue « la phrase n'est plus que peu de chant / pauvre dans ce billet trop blanc » (Vues, Laponie). Le Nord et le froid hallucinent. L'engobe de neige exhausse le moindre signe : ainsi l'arbre érigé « écorche la grammaire », conduisant le texte vers une pureté, l'écrit du peu. Déploiement de cette « mathématique du ténu » que Dotremont traquait dans les années quarante à Bruxelles et Paris. Triomphe du relief d'écriture sur le temps enfin ralenti : la vraie vie.

Pierre Alechinsky

Extrait du catalogue de l'exposition Christian Dotremont au Rossaert, Anvers, février-avril 1999




voir aussi :
Christian Dotremont (Manifestations)


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